Prêt à tout pour vivre son rêve.. Fitzcarraldo, de Werner Herzog

Cela faisait un moment que je n’avais rien écrit et cela faisait un moment que je voulais voir ce film. La coïncidence est heureuse. J’ai donc vu ce film ; « Fitzcarraldo » de Werner Herzog, sorti en 1982, avec Klaus Kinski et Claudia Cardinale.

Cette envie de voir ce film issu de la « nouvelle vague de cinéma allemand » viens de 2 choses. La première motivation est venue suite au visionnage de la chronique du « Fossoyeur de film » (youtubeur que je recommande à tous) sur ce film et sur le cinéma de Werner Herzog plus généralement. La deuxième motivation n’est autre que le cocktail, dangereux mais efficace, Kinski/Herzog, qui ne m’a jamais déçu.

Fitzcarraldo Werner Herzog

Werner Herzog, le réalisateur posant devant l’élément principal du film

Le film, inspiré d’une histoire réelle, raconte l’aventure du déjanté mais attachant Brian Sweeny Fitzgerald (dit « Fitzcarraldo »), businessman ambitieux et amoureux fou d’opéra italien, et de son épouse Molly, riche tenancière d’une maison close à Iquitos (Amazonie péruvienne). L’action se situe (je suppose) dans les années 1900. Après avoir assisté, à l’opéra de Manaus en compagnie Molly, à une représentation de « Ernani » de Giuseppe Verdi, à laquelle participait le ténor Enrico Caruso, son idole de toujours, Fitz se laisse envahir par un rêve d’enfant ; la construction d’un opéra à Iquitos, en pleine forêt amazonienne, sur lequel se produirait son idole. Confronté au scepticisme (voir à la moquerie) des barons locaux mais bénéficiant du soutien inconditionnel de son épouse, il va alors entamer un long périple fluvial afin de vivre son rêve, à bord du « Molly-Aïda », bateau qu’il a rebaptisé en hommage à son épouse et à Verdi.

Molly (Claudia Cardinale), épouse dévouée qui soutiendra son homme (Klaus Kinski) contre vents et marées

Molly (Claudia Cardinale), épouse dévouée qui soutiendra son homme (Klaus Kinski) contre vents et marées

J’ai aimé ce film. Son message rentre complètement en contradiction avec « Aguirre, la colère de Dieu », autre film du tandem Herzog/Kinski, sorti dix ans plus tôt, relatant les mésaventure d’un conquistador perdu dans la folie. Dans « Fitzcarraldo », Klaus Kinski joue de nouveau un personnage dérangé (comme bien souvent). Mais cette folie est celle d’un enfant qui rêve de grandeur avec les étoiles plein les yeux, se moquant royalement du ridicule.

Il n’hésite pas à prendre des risques inconsidérées pour sortir de certaines situations comme la scène où, pour faire face à une menace d’attaque d’une tribu « Shuar », il fait jouer son phonographe pour faire raisonner un air de ténor… et ça marche ! !

Un rôle auquel l’acteur controversé nous habitua très peu, étant souvent cantonné à des rôles de méchant ou de fou allié (parfois les deux). Pourtant, de sa très vaste filmographie, ce rôle est sans doute son plus grand.

Comme on dit, qui ne tente rien n'a rien.. et en plus ça marche.. trop fort ce Fitz..

Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien.. et en plus ça marche.. trop fort ce Fitz..

Werner Herzog n’est pas en reste, avec son jeu de caméra qui ne cesse d’aller vers le haut, soulignant l’ascension de son héros vers la réalisation possible de son rêve, ou encore la scène de l’ascension du bateau à flanc de colline, réalisée sans trucage.

Si vous saviez ce que ce bateau a pu endurer..

Si vous saviez ce que ce bateau a pu endurer..

A l’origine, le long-métrage devait être réalisé avec le grand Jason Robards dans le rôle-titre. Or ce dernier étant tombé gravement malade durant le tournage, Werner Herzog s’est vu contraint de recommencer le tournage avec son « meilleur ennemi ». Fitzcarraldo devait également avoir un associé joué par Mick Jagger, mais étant donné que le chanteur des Rolling Stones devait partir en tournée au moment où Herzog décida de tout reprendre, le personnage a tout simplement été rayé de l’intrigue.

De plus, le tournage manqua d’être un désastre, entre les risques que Herzog imposa aux figurants par souci de réalisme, les conditions climatiques extrêmes, Kinski (fidel à lui-même) pétant littéralement les plombs entre les prises (jeu de mot involontaire), des tensions diplomatiques entre le Pérou (lieu du tournage) et l’Equateur au même moment.. Nous étions loin d’imaginer un résultat finalement grandiose.

Je vous renvoie à l’excellente chronique du « fossoyeur de film » dont je vous avais parlé plus haut, afin d’avoir une analyse beaucoup plus détaillée sur ce chef d’oeuvre du « nouveau cinéma allemand ». Sans doute vous donnera-t-elle (comme pour moi) l’envie de le voir.

Ma conclusion tiens en très peu de mot, j’ai enfin vu ce film et je ne le regrette pas.

C'est bon Klaus j'ai terminé tu peux te détendre..

C’est bon Klaus j’ai terminé tu peux te détendre.. Comment? Qu’est-ce que se détendre? Comment t’expliquer..

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